L’hybridation comme élément central de l’expérience utilisateur

Hybridation expérience utilisateur

Transhumanisme ou collapsologie (théorie de l’effondrement), consommation effrénée ou frugalité, obsolescence programmée ou réparation, robots ou humains, -phile ou -phobe, pro- ou anti-, génération X ou Y, vieux schnocs workaholics ou millennials en quête permanente de sens… Comme décrit par Patino en 2019, « l’hystérisation du débat public emporte tout sur son passage », mais sommes-nous obligés de choisir notre camp, sans nuances ? Premiers éléments de réponse par Julien Soler, Sociologue, Chef de projets expérience utilisateurs chez Ixiade.

Faut-il laisser plus de place aux formes négociées, hybridées ?

Lorsque nous réalisons un travail de prospective, animons un travail de créativité ou accompagnons une réflexion stratégique, il est important d’identifier des tendances et de définir une vision qui produisent des tensions, qui présentent des enjeux et établissent un cap. Il s’agit ici d’une affirmation, d’une forme non négociée qui fédère une équipe d’innovation, qui produise du challenge.

Lorsqu’il s’agit, en revanche, d’évaluer une innovation auprès des utilisateurs potentiels, les études menées montrent à quel point l’hybridation est présente, revendiquée et attendue par les utilisateurs. Valeurs, identité personnelle et professionnelle, ajustement, négociation, etc., sont à l’œuvre dans chacune des expérimentations que nous menons : ce ne sont pas des refus qu’expriment les utilisateurs ni des acceptations inconditionnelles. Ce sont des « oui, mais… » (expression ennemie de la créativité mais alliée de l’expérience utilisateurs). Ainsi, innover c’est aussi accepter que les retours d’utilisateurs puissent apporter des nuances et traduire des difficultés à envisager le changement.

L’hybridation ne représente-t-elle pas un problème pour l’innovation ?

L’hybridation n’est pas un problème mais représente plutôt une chance pour pouvoir :

  • anticiper l’émergence de formes hybridées comme par exemple le Phygital (contraction de Physique et de Digital / numérique),
  • comprendre les formes négociées d’usages des outils numériques coexistant avec des revendications extrêmement fortes concernant la sécurité des données,
  • analyser l’attente des bureaux d’études techniques d’être aidés par des outils intelligents pour certaines tâches tout en souhaitant conserver l’expertise et la valeur ajoutée de leurs métiers,
  • améliorer l’application des outils numériques et du pilotage à distance dans des contextes d’activités particulièrement dangereuses, etc.


Comment exploiter cette hybridation ?

Chez Ixiade, cette hybridation et ses formes négociées sont une source inépuisable pour concevoir des techniques, méthodes et outils pour explorer, imaginer, expérimenter. Nous avons à cœur d’adapter des outils ou d’en créer afin d’évaluer l’acceptabilité des innovations auprès des utilisateurs, qu’ils soient professionnels ou particuliers.

Si les motivations exprimées par les utilisateurs à l’égard d’une innovation permettent de confirmer l’intérêt ou de conforter une équipe dans ses choix, les refus ou les motivations mi-figue mi-raisin (nommées plus sérieusement « sous conditions d’améliorations ») sont autant de challenges à relever pour améliorer une idée. Ainsi, c’est un appel à retravailler une proposition avant même qu’elle ne soit développée ou industrialisée pour qu’elle soit au plus proche des attentes et aspirations.

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